Charenton-le-Pont, Saint-Maurice et Champigny-sur-Marne ont trois bâtis très différents, et un ravalement de maison ancienne ne s’y prépare pas de la même façon. J’y accompagne les propriétaires de la visite à la réception du chantier : Charenton et Saint-Maurice font partie du second cercle de mon secteur ; à Champigny, j’interviens au cas par cas, selon la maison et le projet.
| Charenton-le-Pont | Saint-Maurice | Champigny-sur-Marne | |
|---|---|---|---|
| Maisons individuelles | 188 | 222 | 8 699 |
| dont construites avant 1948 | 159 (85,0 %) | 187 (85,4 %) | 3 845 (44,3 %) |
| dont avant 1920 | 137 | 159 | 1 225 |
| dont avant 1900 | 97 | 82 | 326 |
| Murs en meulière (maisons d’avant 1948) | 39,6 % | 47,6 % | 20,5 % |
| Murs en brique | 20,8 % | 24,1 % | 46,1 % |
| Murs en pierre | 28,3 % | 23,0 % | 17,4 % |
| Maisons d’avant 1948 aux abords d’un monument historique | 16 | 146 | 503 |
Charenton-le-Pont : rares maisons, beaucoup de pierre
Charenton est une ville d’immeubles, où la maison est rare. Des châteaux de Conflans et de Bercy, disparus aux XIXe et XXe siècles, il ne reste que des vestiges, protégés au titre des monuments historiques. Au bourg des Carrières, dont un quartier garde le nom, on a extrait une pierre à bâtir calcaire jusqu’au milieu du XVIIIe siècle.
D’après la Base de données nationale des bâtiments (BDNB), Charenton compte 188 maisons, dont 159 d’avant 1948 (85 %) et 97 d’avant 1900, soit plus de la moitié. La pierre couvre 28,3 % des murs de ces maisons anciennes, la plus forte part de mon secteur ; elle vient derrière la meulière (39,6 %) et devant la brique (20,8 %). Seules 16 d’entre elles sont aux abords d’un monument historique, c’est-à-dire dans son périmètre de protection, presque toutes autour des vestiges de l’ancien château de Bercy.
Saint-Maurice : des maisons anciennes autour de l’hôpital Esquirol
La commune s’appelait Charenton-Saint-Maurice jusqu’en 1843. Eugène Delacroix y est né, au 29, rue du Maréchal-Leclerc. La maison existe toujours ; le canal voisin a laissé place à l’autoroute A4.
D’après la BDNB, Saint-Maurice compte 222 maisons, dont 187 d’avant 1948 (85,4 %). La meulière y domine nettement (47,6 %), devant la brique (24,1 %) et la pierre (23 %). Parmi ces maisons anciennes, 146 sont aux abords d’un monument : 131 dans le périmètre de l’hôpital Esquirol, les autres autour de la maison natale de Delacroix (7), du pavillon d’Antoine de Navarre (7) et du moulin de la Chaussée (1). Le PLUi, le plan local d’urbanisme intercommunal, en repère 77 comme bâti patrimonial.
Champigny-sur-Marne : les pavillons de brique, au cas par cas
À Champigny, la plus grande des trois communes, moins d’une maison sur deux date d’avant 1948 (44,3 %), d’après la BDNB. Parmi elles, celles bâties de 1920 à 1947 sont plus de deux fois plus nombreuses que celles d’avant 1920 : 2 620 contre 1 225. La brique domine (46,1 % des murs de ces maisons anciennes), plus qu’ailleurs dans mon secteur. C’est le profil des pavillons de l’entre-deux-guerres.
La charte de ravalement de Saint-Maur décrit ce type de pavillon, né avec la loi Loucheur et le lotissement des grandes propriétés : souvent un rez-de-chaussée surélevé et un étage au plus, un toit de tuiles mécaniques, une meulière ou une brique laissées apparentes, des panneaux de céramique Art nouveau ou des décors géométriques Art déco. Dans ces pavillons, les joints de brique sont souvent au ciment : je vérifie d’abord s’ils tiennent.
À Champigny, 503 maisons d’avant 1948 sont aux abords d’un monument historique, surtout du château de Cœuilly (294) et de la maison de l’architecte Julien Heulot (126). Le pavillon scandinave (39), conçu par Charles Garnier pour l’Exposition universelle de 1889, est aussi à Champigny ; le fort de Champigny (28), construit après la guerre de 1870, se trouve en fait à Chennevières. C’est à Champigny que FRONTIS, l’entreprise partenaire avec laquelle je travaille, a son siège.
Pierre, meulière, brique : que faut-il surveiller ?
À Charenton, la pierre demande un œil attentif : une pierre qui s’effrite se consolide avant toute protection, et les anciens joints silicone se retirent entièrement avant tout enduit. À Saint-Maurice, la meulière reste apparente et ses joints se refont comme ils étaient. À Champigny, la brique se nettoie en douceur et ses joints se reprennent avec un mortier de même nature que l’existant. Les pages pierre de taille et brique et façade en meulière détaillent ces gestes.
Faut-il une déclaration préalable pour un ravalement ?
Oui aux abords d’un monument historique, mais pas seulement : le Code de l’urbanisme impose aussi une déclaration préalable, la démarche qui permet à la mairie de vérifier le projet avant le chantier, dans un site inscrit ou classé et pour une maison protégée par le PLUi.
Les abords concernent la plupart des maisons anciennes de Saint-Maurice, 503 maisons à Champigny et quelques-unes à Charenton. Pour ces maisons, l’accord de l’architecte des Bâtiments de France (ABF) est requis, avec un mois d’instruction de plus ; l’ABF réclame le plus souvent des systèmes à la chaux.
Côté sites, Charenton compte trois sites inscrits : les quartiers anciens, la Marne avec ses îles et l’ancien canal de Saint-Maurice, et les franges du bois de Vincennes. Saint-Maurice partage les deux derniers, et Champigny a un site classé sur la rive gauche de la Marne. Pour le PLUi, 77 maisons anciennes sont repérées à Saint-Maurice et 44 à Champigny.
Ailleurs, tout changement de couleur ou de matériau, comme une isolation par l’extérieur, demande aussi la déclaration. Pour un ravalement à l’identique, je vais chercher la réponse avec vous à la mairie. Aucune des trois communes n’a de site patrimonial remarquable, d’après la liste des servitudes du PLUi.
Comment je travaille ici
Ma première visite sert à voir la maison et à vous écouter. L’épaisseur d’enduit s’établit à la visite technique, par sondage ; la teinte, choisie sur nuancier, figure avec son code au devis, que j’établis avec FRONTIS. Pour la toiture, je fais un relevé au drone ; couverture et zinguerie sont l’affaire de FRONTIS ou d’Aertoit. Je monte avec vous la déclaration préalable et je suis le chantier jusqu’à la réception.
Un point de transparence : c’est l’entreprise qui réalise les travaux qui me rémunère, et ma visite comme mes conseils ne vous sont pas facturés. Pour les communes voisines, voyez Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont.
